La méthode "Quoi d'autre"

Un deuxème outil simple pour penser autrement

Jean-Michel Cornu

Voir aussi la méthode "les deux"

La cause des Ulcères, une illustration du biais de confirmation

Chercher les causes de l'Ulcère
Les causes de l'Ulcère (1.1MB)
Les médecins avaient déjà deux bonnes raisons d’expliquer l’ulcère dans les années 1980 : le stress et l’acide. Les médicaments antiacides semblaient leur donner raison puisqu'ils soulageaient et favorisaiebnt la cicatrisation. Puis deux chercheurs, Barry Marshall et Robin Warren montrent qu’il y a aussi une bactérie dans l’estomac des patients, H. pylori. Mais comme tout paraissait déjà expliqué, beaucoup n’y voient d’abord qu’un détail sans importance. Ils ne cherchent plus une nouvelle cause : ils cherchent une façon de faire rentrer la bactérie dans l’ancienne explication.
Marshall et Waren ont finalement eu le prix Nobel 2005 pour avoir montré le rôle décisif de H. pylori dans la gastrite et l’ulcère gastroduodénal. Le comité Nobel rappelle qu’on a ensuite établi que cette bactérie cause plus de 90 % des ulcères duodénaux et jusqu’à 80 % des ulcères gastriques.

Le biais de confirmation commence quand on ne regarde plus un fait nouveau comme une question, mais comme quelque chose qu’il faut faire entrer de force dans ce qu’on croit déjà savoir (voir une courte vidéo expliquant le biais de confirmation).

Chercher d'autres causes même quand on en a déjà trouvé

l'accident du vol AF 447
l'accident du vol AF 447
Dans l’accident en 2009 du vol AF447 de Rio de Janeiro à Paris, on pourrait croire au départ que tout s’explique par deux causes : le givrage des sondes Pitot, qui a provoqué des indications de vitesse erronées, et des actions de pilotage inadaptées qui ont conduit l’avion au décrochage. Mais l’enquête du BEA ne s’est pas arrêtée là. Elle a continué à demander : quoi d’autre ? Elle a alors mis en évidence d’autres facteurs importants, notamment des limites dans l’entraînement des équipages au pilotage manuel à haute altitude et dans la manière dont certaines informations étaient présentées aux pilotes dans le cockpit. La leçon n’est donc pas seulement qu’il y avait déjà deux causes visibles, mais que continuer à explorer a permis de mieux comprendre l’ensemble du problème.


terra incognita
image terra_incornita.png (1.0MB)

Et même quand on s'arrête de chercher, savoir qu'il y aura toujours des cas que l'on aura pas envisagés

Nous ne sommes pas des dieux omnicients mais des êtres finis. Il faut avoir l’humilité de savoir que l’on aura oublié certains aspects.

Comme dans les anciennes carte où on ajoutait des "terra incognita" (même aujourd'hui tout n'est pas découvert par exemple dans les fonds marins et même dans plein d'endroits du globe... sans parler du reste de l'univers)

En conclusion : La méthode "quoi d'autre ?"

1) quand on a trouvé, continuer de chercher car on a rarement vu l'ensemble de la question
2) et même quand on arrêté de cherché (ça doit bien arriver un jour...) savoir qu'il y a encore plein de choses sur lesquelles nous sommes passé à côté